replique montre

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Thursday, April 28, 2011

Le prochain smartphone Nokia ne sera pas sous WP7

Nokia aurait dans ses cartons un nouveau smartphone. Rien de surprenant jusque-là sauf lorsqu’on comprend…
qu’il s’agira d’un smartphone sous Symbian^3. C’est en effet sur le ‘Ovi Publisher Tool’ que le nom ‘T7-00′ est apparu dans la catégorie ‘Symbian^3′. Mais la résolution annoncée est quelque peu décevante puisqu’elle est de 640 par 480 pixels. Le ‘-00′ laisse penser qu’il pourrait être le premier d’une nouvelle gamme de smartphones Symbian^3 en ‘T’.
Le ‘assumed’ en face de ‘T7-00′ indique que ce téléphone a dépassé le cadre du projet.
Nokia avait annoncé continuer à commercialiser des smartphones sous Symbian^3 en 2011 (voire en 2012 suivant les ventes effectuées en 2011). Et deux mises à jour ont pour Symbian^3 ont également été annoncées (dont l’une majeure).


copie de montre de luxe

Wednesday, April 20, 2011

LCEN - l’ASIC attaquera le décret sur la conservation des données - Yahoo!

Benoit Tabaka (Priceminister) et Giuseppe di Martino (Dailymotion), cofondateurs de l'ASIC
Benoit Tabaka (juriste, Priceminister, membre de l'ASIC) soulignera deux difficultés dans ce dispositif : l'une, externe, est qu'il n'y a pas eu de consultation préalable de la commission européenne. Or, les textes qui peuvent impacter la liberté de circulation et d'établissement à l'échelle européenne dans la société de l'information, doivent être notifiés à Bruxelles afin de laisser trois mois à la Commission et aux autres états membres pour commenter ce projet et demander une possible modification. PC INpact avait révélé que Free avait fait le même reproche à l'un des décrets Hadopi, non notifié à Bruxelles.
L'autre difficulté soulevée dans cette future action est interne. Elle concerne l'obligation faite aux intermédiaires de conserver les mots de passe aux fins de communication éventuelle à la police. Or, rétorque l'ASIC, le mot de passe n'est pas une donnée d'identification au sens juridique du terme, mais une donnée qui est liée au compte de l'abonné. Une nuance qui conduirait à interdire sa conservation contrairement à ce qu'impose le texte.
Le décret du 1er mars 2011 oblige les FAI et les hébergeurs à conserver le mot de passe de l'internaute, mais également les données permettant de le vérifier ou de le modifier, dans leur dernière version mise à jour.
Plus d'infos sur PCInpact.com
  • LCEN et éditeur de service : interview de Beno?t Tabaka (MàJ)
  • Hébergeur/éditeur : Lacoste défavorable à un troisième statut
  • L'Hadopi curieuse du bilan anti-contrefa?on de PriceMinister
  • Internet ne peut pas être contr?lé, autant s’y faire
  • LOPPSI : comment le gouvernement a défendu le blocage sans juge
montres mont blanc

Thursday, April 14, 2011

Places des Grands Hommes venus d’ailleurs

Paul Bert et Nelson Mandela : quel rapport ? Paul Bert répandit des idées racistes dans les manuels scolaires. Nelson Mandela a lutté toute sa vie contre le racisme érigé en système politique dans son pays, l’Afrique du Sud. Au XIXe siècle, le colonialisme et la supériorité de la race blanche étaient admis et défendus en France par de brillants intellectuels comme Paul Bert qui mourut en grand homme d’Etat.
Paul-Bert/Nelson Mandela : deux personnages politiques aux antipodes des idées et visions sur l’espèce humaine qu’ils défendent, à un siècle d’intervalle. Pourtant ils ornent tous les deux des plaques à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis. Paul Bert est une des artères les plus célèbres de l’historique et mondialement connu Marché aux Puces, créé en 1885. L’école Nelson Mandela, elle, a connu sa première rentrée en 2008, de l’autre c?té de la ville, dans un quartier en pleine mutation : les Docks.
Des noms qui collent à l’époque où ils ont été choisis. Car les intitulés des batiments publics et des rues, quand ils ne portent pas des noms de fleurs, d’arbre ou d’oiseau, véhiculent les symboles et l’imaginaire qui entourent les personnalités ou les événements historiques qu’ils commémorent…
Un pont plus loin et nous voilà à l’Ile-Saint-Denis. En 2005, un référendum local s’organise pour baptiser une école maternelle. Les Ilo-Dionysiens choisissent le nom d’une éducatrice qui travaillait dans les environs, Samira Bellil, récemment décédée, et dont le livre aura marqué les esprits. La municipalité verte de l’époque propose cinq autres noms : Ingrid Betancourt, Camille Claudel, Shirin Ebadi, Dulcie September et école de la Fraternité. Le référendum désigne gagnante l’auteur de ? Dans l’enfer des tournantes ? (éd. Folio documents) qui relate une histoire lourde et qui cogne comme un coup de poing sur la tête : celle de viols collectifs et de sa victime, une jeune femme qui veut s’en sortir à tout prix.
Un parcours de vie très dur pour nommer une école mais un choix local et contemporain : celui des habitants. Son nom appartient désormais à l’histoire et au patrimoine de cette petite bourgade des bords de Seine, si chère au peintre impressionniste Sisley, qui illustre le nom de son collège. Un siècle encore sépare les deux vies, celle d’Alfred et celle de Samira…
Un voyage en tramway T1 plus tard et nous voici arrivés dans le fief-préfecture du département, Bobigny et ses célèbres Boulevard Lénine et Avenue Karl Marx, symboles du communisme et de la couleur de la mairie depuis les années 20 (avec une brève interruption sous Vichy). La Maison de la Culture, la MC93, est un lieu emblématique de cette ville ? rouge ?. L’élite fran?aise et internationale du théatre y ont br?lé des planches. Le parvis devant cet antre prestigieux du théatre subventionné, qui attire en nombre les bobos parisiens, ne s’appelle ni André Malraux ni Jean Vilar mais Lounès Matoub.
Le chanteur, auteur et compositeur kabyle fut assassiné en 1998 près de Tizi-Ouzou dans des circonstances non élucidées. Pour l’inauguration de sa place en 2007, en présence de membres de sa famille, la maire de Bobigny, Catherine Peyge, déclare : ? Les voix peuvent être tues physiquement mais continueront à vivre dans nos c?urs. Rien ne peut arrêter la marche de l’Histoire. ? Les noms des rues, des lieux comme étendards de la marche de cette histoire mais surtout révélateurs des sensibilités de ceux qui les choisissent pour la célébrer. En Seine-Saint-Denis, les consonances des noms de lieux publics commencent à ressembler à une partie de sa population issue de l’immigration (rue Cristino Garcia à Saint-Denis, gymnase El-Ouafi à La Courneuve, rue Leyla Zana  à Bobigny, collège Iqbal-Masih à La Plaine-Saint-Denis, etc).
Sur l’autre rive des quais de la Seine du 93, dans les Hauts-de-Seine, un nom crée la polémique en 2007. Celui de Abdelmalek Sayad, sociologue fran?ais d’origine algérienne décédé en 1998, directeur de recherche au CNRS, à l’Ecole des Hautes études en sciences sociales, et assistant de Pierre Bourdieu. Le maire communiste de Nanterre, Patrick Jarry, et l’association Les Oranges souhaitent qu’un collège en reconstruction, situé Rue de la République, porte le nom de cette ? personne illustre, héritière de l’immigration coloniale ?. En terre sarkozyenne, Isabelle Balkany, vice-présidente du conseil général en charge des affaires scolaires s’y oppose, lui préférant le désormais célèbre Guy M?quet ou l’historien Marc Bloch. Le collège conservera finalement son ancien nom… République.
A Paris, un groupe de jeunes observe lui aussi les noms des rues qui l’entourent : Sexion d’assaut, le collectif de rappeurs parisien qui a le vent en poupe. Dans leur chanson d’intro ? En résumé ? de l’opus ? L’école des Points Vitaux ?, l’un d’eux chante : ? Marre de m’battre pour un quartier qui porte le nom d’un ciste-ra. ? Peut-être habite-t-il dans une Rue Paul Bert…

réplique de montre

Wednesday, April 6, 2011

L’aide à l’Afrique - une plaie

Depuis 1940, l’aide versée aux pays d’Afrique s’élèvent à 1000 milliards de dollars, soit 1000 dollars par Terrien… Ce chiffre donne une idée concrète de l’aide apportée à ce continent sans que pour autant la situation s’améliore. Bien au contraire ! Mais que l’on ne s’y trompe pas, ? L’aide fatale ? de Dambisa Moyo n’est pas une tribune à travers laquelle l’auteur se lamente sur l’état de son continent.
? L’aide fatale ? est un essai, et à ce titre forcément engagé. L’auteure y défend une nouvelle politique de développement pour l’Afrique en dehors de l’aide classique. Le livre est agressif dans le bon sens du terme, qui énumère et souligne les raisons qui ont conduit à la situation actuelle.
A en croire Dambisa (on va l’appeler par son prénom, elle a quand même l’age d’être au minimum ma grande s?ur), la donne, aujourd’hui, en Afrique, ni tout à fait noire ni toute blanche. Certains pays connaissent des améliorations (baisse de la corruption dans des pays comme le Ghana et le Nigéria, ce qui est bon pour les investissements), la liquidité des marchés africains – pour les novices en finance, la liquidité est la facilité pour un investisseur d’acheter et vendre des actions – est en progression, et le taux de contamination par le Sida est recul au Kenya par exemple (15% en 2001, 6% en 2006).
Ce sont là des améliorations qui ne suffisent pas à inverser une réalité plus globale. ? L’aide ne marche pas. ? Malgré des milliards et des milliards, les pays africains connaissent une dégradation plus qu’une amélioration : niveau d’alphabétisation inférieure à celui du début des années 80, des pays se retrouvent plus pauvre qu’ils ne l’étaient au moment de leur indépendance… ? Wech ! C’est quoi ce délire !? ? diraient, révoltés, certains de mes amis. Mais gardons la tête froide.
Pour parler de l’aide injectée dans les veines de l’Afrique par les Occidentaux, l’auteure ne se limite pas à un cadre purement africain, évitant ainsi de s’enfermer dans un prêche panafricain qui risquerait de verser dans une sorte d’ethnocentrisme exacerbé. On remonte donc au plan Marshall. Celui-ci ayant plut?t bien fonctionné, les Occidentaux se dirent : ? Pourquoi pas l’Afrique ? ? Les années 1950-1960 sont celles de la décolonisation de décolonisation : ? Il est impossible de savoir avec certitude quelles furent les motivations réelles de l’octroi à l’Afrique de l’aide internationale ?, écrit Dambisa. A partir de là, le continent africain ne cessa de décliner. ? L’aide de prestige ?, strass et paillettes apportée via les Clooney et Bono n’y changea rien.
Bon, la famille, on fait quoi, alors ? On continue à se trémousser sur le tarmac à l’arrivée des présidents occidentaux venant rendre visite à leurs poulains ? Cela arrangerait certains, mais pas Dambisa, qui propose ici un manuel que l’on pourrait intituler ? De la bonne gouvernance en Afrique ? ou encore, ? De la providence en Afrique ?…
La mise en place d’institutions fortes, source de l’Etat de droit et surtout de croissance, est au c?ur du livre. Aujourd’hui, les institutions sont souvent soumises à un président tout à la fois dictateur, avare avec le peuple et par-dessus le marché ? capricieux ?. Dambisa plaide pour une ouverture de l’Afrique au capital et au marché. L’auteure a travaillé à la Banque mondiale et dans la célèbre boite spécialiste de la finance, Goldman Sachs. Ouverture via l’émission d’obligations dans le but d’attirer les investissements directs à l’étranger, préconise Dambisa.
Les Etats africains pourraient par ce biais mettre l’accent sur le commerce afin de passer de la condition de pays agricoles et exportateurs de matières premières à l’échelon de pays manufacturiers. Chose que les Tigres et Dragons d’Asie du Sud-Est sont en train de faire dans certains, non sans une dose d’autoritarisme bienveillant.
La micro-finance est une autre mesure à appliquer. Ce secteur est en plein boum, il est censé profiter aux pauvres (bourses octroyées à des étudiants, qui représentent le futur des pays émergents). C’est là un moyen d’encourager l’entreprenariat, et ce système s’imbrique semble-t-il très bien dans l’économie de certains villages, où un petit groupe peut aider à développer la vie des autres.
Nous avons vu que l’investissement était primordial pour développer ces pays et apporter des points de croissance en plus. L’auteure indique que l’investissement a baissé de 1% sur le continent africain par rapport à il y 10 ans en arrière. C’est d? à de nombreux obstacles, avance Dambisa : l’obtention de licences d’exploitation, par exemple, demande de très longues démarches qui dissuadent les investisseurs.
En même temps, l’intérêt chinois pour l’Afrique est réel, en témoigne le sommet Chine-Afrique de 2006 où la Chine a réaffirmé la place majeure qu’elle compte prendre dans l’avenir du continent africain : l’Angola est devenu le premier fournisseur de pétrole de la Chine, détr?nant l’Arabie Saoudite ; en 2004, la Chine a déboursé 900 millions de dollars sur les 15 milliards qu’a re?us le continent en investissements. Il faut donc faire avec les ? alliés chinois ?.
Certes, la Chine met en avant une diplomatie amicale et soucieuse en apparence du devenir africain. L’Afrique s’est fait coloniser par des Européens qui pr?naient de bons sentiments emprunts de ? charité ? chrétienne. Mais ces bonnes intentions de fa?ades cachaient un projet avilissant : pillage des ressources, divisions entre les peuples…
Et maintenant, la Chine ! La concurrence chinoise crée des emplois mais tue de l’emploi local. Au Cameroun, des sociétés fabriquant des claquettes ont sévèrement touchées les tycoons chinois. L’artisanat aussi est atteint. Exemple : des statues taillées dans le bois, symboles de l’art négrier (qu’on retrouve aux puces de Montreuil), estampillées ? Made in China ?.
? L’aide fatale ? est au final un ensemble d’analyses et de propositions qui méritent qu’on y prête attention. Plusieurs points historiques et économiques non mentionnés ici, y sont abordés de manière très simple et rigoureuse à la fois. Les pistes ouvertes par cette femme, dipl?mée en économie à Oxford et Harvard, devraient être portées à la connaissance des dirigeants africains et occidentaux, non pas pour leur expliquer que l’aide ne marche pas – ils le savent déjà –, mais plut?t pour leur mettre un coup de pression bien placé : ? Vous avez gaté le coin bande de gaou, et on vous a grillé ! Mettez-vous au boulot ou bien il va y avoir draaaaaa* ! ?
Aladine Zaiane
*Pour les non initiés, voici une version plus compréhensible : ? Vous avez ruiné le continent bande de coquins, et on est au courant de votre petit manège. Mettez vous au travail, sinon il y aura avoir de la casse. ?

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Friday, April 1, 2011

Avril 2008, un avion décolle pour Ouagadougou. Sans moi

? Tu ne peux pas avoir une scolarité normale. ? ? Si elle vient, je n’irai pas. ? ? Qu’elle appelle la HALDE pendant qu’on y est ! ? Ces phrases retentissent encore dans ma tête. Cela fait pourtant des mois qu’elles ont été prononcées. Et alors je me souviens. Je revois la rentrée scolaire, en septembre 2008. C’est ma première année au lycée Auguste Blanqui de Saint-Ouen. Une rentrée excitante car le bruit court qu’un voyage est prévu à Broadway ! Quelques semaines plus tard, la nouvelle tombe : il y aura bien un voyage, mais pour le Burkina Faso. Le désenchantement lié au changement de destination est vite oublié lorsqu’il s’avère que ce voyage n’est pas comme les autres.

Nous, les élèves de seconde, allons non seulement découvrir un autre continent et sa culture, mais aussi récupérer du matériel informatique pour équiper le lycée Song Taba à Ouagadougou. Nous allons collecter des vêtements pour des femmes et des enfants, nous irons à la rencontre de femmes séropositives et, cerise sur le gateau, rédiger un journal et fabriquer des POM, c’est-à-dire des ? petits objets multimédia ?. En un mot : le rêve, mon rêve à moi qui veux faire de l’humanitaire et devenir journaliste !

En février vient la première réunion. Je suis présente, les yeux brillants comme tous mes petits camarades. On nous détaille le projet, les financements sont là, on parle un peu paperasse et le prof tente de rassurer certains parents inquiets à propos des différentes maladies présentes au Burkina. Tout se passe à merveille jusqu’au moment où je vais voir le prof d’histoire-géo pour lui poser une petite question. A la réflexion, je n’aurais jamais d? la poser, mais comme dit un fameux rappeur du 92 : ? Pas le temps pour les regrets, nos erreurs n’appartiennent qu’à nous-mêmes. ?

? Monsieur, je voulais savoir, pour mon voile, y’a pas de souci à ce sujet ? ? Il répond que ?a va être difficile, mais qu’on peut toujours s’arranger. C’est alors que s’interpose Monsieur C, prof de SVT (sciences de la vie et de la terre), qui me lance en pleine figure : ? Non, je te le dis clairement, ce n’est pas possible, on ne peut pas discuter sur ce sujet. ? Je ne sais pas si ce sont ses propos qui m’ont glacée le sang ou le ton méprisant et plein de ranc?ur avec lequel il s’est exprimé. Peut-être les deux. A partir de ce moment, tout s’est joué dans ma tête. Je n’irai pas au Burkina, malgré tout ce que je suis et tout ce à quoi j’aspire. Tant pis. Mais apparemment, tel n’était pas l’avis de mes professeurs.

Quelques jours après cette fameuse réunion, mon professeur de mathématiques m’appelle pour me dire qu’il va y avoir une réunion pour parler de mon cas. Je m’en rappelle encore, c’était un lundi, j’avais rendez-vous à 13 heures et je me suis dépêchée de manger. Je rentre dans la salle, je m’attends à voir le prof de maths, mais je me retrouve face à quatre personnes : le prof de maths, d’histoire, de SVT et ma CPE. J’ai eu le sentiment de me retrouver devant un tribunal, et ce fut en effet le cas. Une pluie de jugements m’est tombée dessus, et ce dilemme, comme une épée de Damoclès sur ma tête : le Burkina ou le foulard ?

On m’a reconnu le droit à porter un bandeau, et encore, pas toujours. En un mot, le délire. Plus la conversation se prolongeait et plus mon corps se crispait. Je me suis sentie comme une proie entourée de loups. Aucune issue, chacun de son c?té cherchant le moyen de me convaincre. J’ai perdu d’un coup mon sang-froid et j’ai laché : ? ?a ne sert à rien de polémiquer, je ne compte pas y aller. ?

La CPE a répondu que je ne pouvais de toute fa?on pas avoir de scolarité comme les autres élèves, et que je m’isolais avec mon foulard. Qu’à cause de lui, je ratais beaucoup de choses dans la vie. Que je ne savais pas la chance que j’avais de participer à un voyage comme celui-là. Je savais surtout que cette pression devait aboutir, pour que le rapport du projet des classes expérimentales soit rendu à Sciences-Po, qui finance avec des partenaires privés les différents projets du lycée. J’étais déterminée, j’allais tenir tête, je n’allais pas me plier à leurs conditions que je considérais discriminantes.

J’avais décidé d’affirmer mon identité en portant le voile, je n’allais pas l’enlever pour des prétextes futiles et des pressions. Mon voile fait partie de moi, ce n’est pas un vulgaire tissu pour cacher ma crinière, mais c’est ma fa?on de voir la vie, pour moi ce n’est pas seulement une pudeur physique, mais bien plus. Depuis le jour où j’ai décidé de le mettre, je ne suis plus la même. J’ai redécouvert une religion loin des clichés et des traditions et c’est seulement moi qui l’ai décidé, personne d’autre. C’est mon choix, ma liberté.

Je suis ressortie la tête gonflée et le c?ur blessé. J’étais blessée. L’incompréhension planait dans mon esprit, et là j’ai pleuré devant mes camarades, c’était trop. Ma vie au lycée était devenue un enfer. Tout le monde parlait de moi. Le proviseur, Monsieur T., semblait savourer le privilège d’avoir fait de moi sa tête de Turc. La pression à propos de mon foulard, qui était déjà présente avant qu’il ne soit question de ce voyage, n’a fait que de s’accentuer. L’ambiance était pesante, le moindre bout de tissu me donnait le droit à un contr?le, je me rappelle encore la voix du proviseur : ? Vous m’enlever ?a ! ?, comme si c’était une maladie, en me tapotant sur la tête. Le cauchemar quotidien.

Malgré tout, j’ai voulu participer au voyage. A ma fa?on. Le jour de la collecte des vêtements, j’ai ramené autant de sacs que j’ai pu. Sauf que cela n’a pas fait avancer ma cause. Ce lundi matin, quelques semaines avant le voyage, je suis entrée dans la cour du lycée chargée de sacs, mais sans enlever mon bandeau. La CPE m’a dit sèchement qu’il était trop long, d’après elle. Mais ce n’était même pas un foulard. On en venait à compter les centimètres !

La même semaine, le proviseur est intervenu pour m’expulser du lycée, alors que je ne venais pas pour mes cours mais pour donner un coup de main à ceux qui faisaient les cartons. ? On n’a pas besoin de toi ?, m’a dit mon prof d’histoire. La fissure, le fossé entre le reste de ma classe et moi s’était installé et c’est à moi qu’on reprochait de m’isoler…

Je suis repartie en rasant les murs, le moral dans les chaussettes. J’avais besoin de parler à quelqu’un et je suis allée raconter toutes mes mésaventures à ma mère, ma mère protectrice. Mais voilà qu’elle commence à paniquer et me reproche de m’être précipitée en ce qui concerne le voile, en me disant que j’aurais d? attendre d’avoir mon bac, oui, car pour ma mère, l’école c’est sacrée étant donné qu’elle est analphabète.

L’isolement, j’allais le vivre jusqu’à la fin de l’année. Vu les échecs accumulés les précédents trimestres, cela a été une tentative de ? suicide scolaire ?. Je n’ai rendu aucun devoir, j’ai cessé de participer aux cours. Durant tout un trimestre, j’étais juste une silhouette renfermée sur elle-même, perchée sur une chaise au fond de la classe, en train de dessiner.

Durant le voyage, je suis restée cloitrée chez moi, sept jours sur sept, 24 heures sur 24 à regarder des films indiens idiots et à chialer pour un oui, pour un non. La solitude me pesait, jamais je ne m’étais sentie aussi seule, aussi incomprise. Je me souviens avoir parlé avec mes camarades sur MSN, ils me racontaient ce qu’ils faisaient. Ils ont parlé de moi là-bas avec une jeune lycéenne du lycée Song Taba, qui portait également le voile et qui, à la différence de moi, pouvait le garder à l’école après un arrangement avec le directeur.

Vint le temps des retrouvailles. On me raconte en détails, on me montre des photos, des POM ; je regarde tout avec un sentiment de tristesse. C’est un nouveau choc pour moi, car l’exclusion que j’ai subie est rendue évidente par ces photos dont je suis absente, ces POM où je n’apparais pas.

Arrive la fin de l’année et le redoublement qu’on me propose, en rapport avec mes notes chaotiques. Je demande aussi à changer d’établissement, si possible pour aller au lycée Jacques Brel de La Courneuve. Quelques jours plus tard, j’apprends que ma CPE a tenté de m’envoyer plut?t à Henry Wallon, à Aubervilliers, un lycée à la réputation qui laisse à désirer. J’ai réussi à rectifier le tir.

Quelques jours avant les vacances a eu lieu la fête organisée pour présenter le travail effectué par mes camarades à Ouagadougou. Le reste de la classe insiste pour que je vienne mais je ne peux pas, c’est trop dur. J’ai pourtant appris que ce jour-là, on a encore parlé de moi. Certains regrets ont été exprimés. ? Sur ce coup-là, on a merdé ?, aurait dit mon prof de maths.

Cette expérience, aussi douloureuse qu’elle fut, m’a tout de même beaucoup apporté. J’ai beaucoup changé depuis, j’ai grandi. Cette année, un voyage est prévu à Rome. Espérons que cette fois-ci, je serai dans l’avion.


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